Chers parents, vous êtes de grands artistes! Vous avez créé l’être qui est le plus important, les êtres qui sont les plus importants, dans votre vie.
Je suis toujours étonnée de constater, en achetant une cafetière, que nous recevons un document de 25 pages qui nous explique comment l’utiliser et que lorsque nous devenons parents, nous ne recevons point de mode d’emploi.
Il y a pourtant des clefs pour pratiquer l’art d’être parent avec succès, en diminuant au maximum le stress et les contrariétés, et ces clefs sont souvent à l’opposé des habitudes répandues.
Il arrive qu’avec la meilleure volonté, en voulant bien faire, nous déclenchions des réactions que nous redoutons de la part de notre enfant. C’est, bien sûr, «pour son bien et pour son avenir». Et pendant que nous essayons de tapisser les chemins de son avenir, nous oublions d’être avec lui dans le présent.

L’éducation par l’exemple

S’il est vrai qu’il peut être difficile, voire impossible de convaincre notre enfant du bien-fondé de nos suggestions et exigences, il est impressionnant de voir à quel point les enfants adoptent les comportements, valeurs et manières qu’ils observent chez leurs parents. Montrer l’exemple est la manière la plus naturelle et la plus efficace pour transmettre des valeurs, des connaissances, des manières, des comportements.
Ecouter, poser des questions et… écouter encore
Les adultes ont l’habitude de s’adresser aux enfants par injonctions: Arrête de bouger! Mange plus vite! Fais tes devoirs! Dis bonjour à la dame! Range ta chambre! Ne sois pas timide! (être timide ou pas ne dépend pas de l’enfant et en lui disant qu’il ne devrait pas être timide, on l’humilie, ce qui contribue à augmenter encore sa timidité).
En lui demandant pourquoi il fait ce qu’il fait, pourquoi il se comporte comme il se comporte, on apprend des choses étonnantes et émouvantes.
Dire par exemple à son enfant qu’il ne faut pas mentir est rarement efficace; lui demander pourquoi il ment et essayer de comprendre de quoi il a peur quand il ment peut dénouer rapidement la situation. L’enfant qui ment a peur du regard et du jugement de l’adulte et a besoin de son aide pour retrouver la confiance nécessaire à dire la vérité. La confiance en lui-même et la confiance en l’adulte.

Un partenariat authentique

Les enfants sont heureux et se sentent valorisés lorsque nous sommes sincères et authentiques avec eux, ils apprécient de ne pas être manipulés en permanence pour booster leur réussite scolaire ou pour les rendre conformes à des exigences sociales – avec lesquelles nous sommes par ailleurs souvent en désaccord.
Partager avec notre enfant des activités qui lui font plaisir et qui nous font plaisir également, accueillir avec réel intérêt les questions qu’il pose, le féliciter pour sa curiosité, garder éveillée sa capacité d’émerveillement, demander son avis et dialoguer avec lui en le traitant en partenaire, tout cela sera plus bénéfique pour son développement que de lui courir après avec des cahiers de devoirs pour les vacances que l’on trouve en grande quantité dans les librairies.

Demander, pas exiger

S’il est important que l’enfant respecte les gens qui l’entourent et les règles de la vie familiale et sociale, il est important aussi que ces règles lui soient expliquées de manière bienveillante, conséquente et patiente.
Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée de ne donner de l’argent de poche à l’enfant qu’à condition qu’il obtienne des bonnes notes ou qu’il fasse la vaisselle. Pour la vaisselle, le baiser de maman pourrait suffire. La famille est le seul espace social où l’affection et la reconnaissance peuvent être indépendantes des performances et des services rendus, le seul endroit où on peut s’aimer sans condition, gratuitement.

Le bonheur: être accepté 
comme on est

Accepter et apprécier son enfant comme il est, sans le comparer avec d’autres enfants, est le plus grand cadeau que l’on puisse lui faire. Si son cousin est plus débrouillard que lui et si l’enfant du voisin a une meilleur orthographe, cela n’empêche pas de reconnaître, ni de valoriser les qualités et traits de caractères positifs qu’il a et qu’il est le seul à avoir.

Être ou ne pas être motivé ne dépend pas de l’enfant

Lorsque l’enfant rencontre des difficultés à l’école, la maîtresse annonce aux parents qu’il n’est pas motivé. L’  enfant ne peut pas décider d’être motivé, la motivation dépend des stimulations, de la reconnaissance et des encouragements qu’il reçoit.
La motivation dépend de la relation avec l’adulte, de sa capacité d’éveiller l’intérêt de l’enfant et de lui donner le sentiment qu’il pourra réussir ce que l’on attend de lui.

Tout comportement est réaction

Il faudrait toujours qualifier le comportement de l’enfant dans son contexte. A quoi réagi-t-il? A qui réponde-t-il? Faire abstraction des circonstances dans lesquelles un comportement apparaît déresponsabilise ceux qui ont créé les causes du comportement en question. Il est injuste d’attribuer uniquement à l’enfant la responsabilité de son comportement reprouvé et cela rend impossible toute tentative d’amélioration de sa part.

Chaque enfant est unique et ne devrait pas être comparé

Vouloir être le meilleur est une bataille perdu d’avance et une source de stress permanente. De nos jours, les performances et comportements des enfants sont systématiquement notés, étiquetés, diagnostiqués et comparés aux performances d’autres enfants.
Lorsqu’un adulte essuie un échec dans son travail, on le console à la maison. Pourquoi un enfant qui rentre avec une mauvaise note doit-il encore être puni?
L’ image que l’enfant développe de lui-même est déterminée par le regard de ses parents, de ses enseignants et des adultes qui l’entourent, par leur confiance et par leur bienveillance.
Lui donner le goût et le plaisir de faire de son mieux sans vouloir être le premier lui rendra de grands services pendant toute sa vie.
Car réussir à l’école n’assure pas la réussite dans la vie!

Judit Varadi

 

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