La philosophe Sylviane Agacinski, connue pour son opposition au «marché de la personne humaine», était l’invitée depuis plusieurs mois d’une conférence qui devait évoquer «l’être humain à l’époque de sa reproductibilité technique», dans le cadre d’un cycle de thématiques actuelles. L’annulation de cette conférence-débat à l’Université de Bordeaux, cédant aux menaces, témoigne de la violence et du dogmatisme qui règne dans l’Université française. De sa peur aussi. Il est surréaliste que plusieurs organisations – dont Riposte Trans, l’Association des jeunes et étudiant·e·s LGBT+ de Bordeaux, Solidaires étudiant·e·s, le Collectif étudiant·e·s anti-patriarcat (je conserve ici cette écriture inclusive pour que vous voyiez à qui on a affaire) – aient dénoncé une tribune universitaire offerte à une conférencière dont ils estiment les positions «réactionnaires, transphobes et homophobes». Ces organisations totalitaires étaient prêtes en tout mettre en œuvre pour saboter cette conférence. Donc on ne discute plus, on n’argumente plus au sein de l’Université, on ne confronte plus les opinions, mais on interdit, on censure. Et on cède devant une poignée d’étudiants incultes prêts à en découdre, foulant aux pieds le fait que l’Université est le lieu de la pensée libre et du débat démocratique. Ainsi, pour les partisans de la gestation pour autrui, il n‘y a pas de débat. L’affaire est tranchée une fois pour toutes. On sait par ailleurs que Mme Agacinski est la compagne de Lionel Jospin, qu’elle est essayiste, de gauche, et en faveur du mariage pour tous. Mais elle ne va pas plus loin sur cette ligne. Alors, on ne pardonne pas à une philosophe de ne plus donner dans la surenchère. Il faut être partisan du toujours-plus et ne jamais s’arrêter en chemin! Ainsi, on lui lance à la figure le mot de «réactionnaire», et tout est dit! Mais être réactionnaire signifie en fait réagir contre un climat délétère qui jette dans les poubelles de l’oubli tout ce qui n’est pas jeune et progressiste, c’est-à-dire tout ce qui n’approuve pas inconditionnellement le monde comme il dérive.

Les quatre vérités de Jean-Marc Vaudiau

 

 

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