Il est entré dans la dernière ligne droite qui va durer encore quelques mois, celle des sorties en mer et des courses de préparation. Etabli à Lorient, Alan Roura, le jeune marin genevois surnommé Corto Maltese pour son goût de la liberté et son panache, vient de remettre à l’eau son bateau, La Fabrique, après trois mois de travaux. Mercredi 3 juin, il a effectué sa première journée en haute mer. «Les premières impressions sont bonnes, nous dit-il par téléphone, avec cet enthousiasme qui ne le quitte jamais. Le bateau répond bien, il est très agréable. Comme les conditions météo étaient calmes, c’était plutôt une première prise de contact, je n’ai pas pu le tester pour de bon. Il faut dire que le bateau est typé surtout pour le gros temps, c’est là que je peux vraiment lâcher les chevaux!».

Recordman de l’Atlantique

Son bateau, Alan Roura l’a acheté en 2017, il le connaît bien et ne cesse de l’améliorer au fil des courses. Il a couru et terminé le Vendée Globe avec lui, il y a quatre ans, puis il a battu l’été dernier, le 19 juillet, le record de traversée de l’Atlantique en solitaire, après 7 jours 16 heures et 55 minutes de navigation, ce qui lui vaut d’avoir désormais une plaque à son nom, aux côtés d’autres marins prestigieux, sur la rade de Brest. «Le bateau doit être un mélange de solidité et de performance, explique Alan Roura, surtout pour une course comme le Vendée Globe qui dure trois mois et où l’on affronte souvent des mers déchaînées. C’est un équilibre à trouver. Cette année, on a beaucoup amélioré les aménagements dans le cockpit, ce qui facilite le pilotage. On a aménagé un espace plus confortable, avec un siège et un tableau électrique plus ludique. L’autre grande amélioration, ce sont les voiles. On a changé le plan général et une partie des voiles pour qu’elles prennent mieux le vent. On a aussi repeint tout l’extérieur du bateau». Alan, lors de sa première participation, avait été non seulement le plus jeune, mais aussi le participant avec le plus petit budget: quoique seul Suisse et seul Genevois, Alan Roura avait vu les institutions locales faire la sourde oreille, à l’exception notable – grâces lui soient rendues – du maire Sami Kanaan, qui avait soutenu le jeune sportif. Parmi les autres sponsors, La Fabrique, évidemment, mais aussi le Comptoir Immobilier et l’Association Cobaty. Côté presse, Tout l’Immobilier a été l’un des premiers et des plus fidèles soutiens du navigateur (voir notamment nos éditions 828, 831, 834, 846, 849, 859, 870 et 932, des années 2016 à 2019).

Une enfance sur le lac de Genève

Le Vendée Globe, c’est le rêve absolu d’Alan Roura. Enfant, il a vécu dans un bateau, sur le lac de Genève, devant le Port-Noir, jusqu’à 8 ans, avant de suivre ses parents dans un tour du monde en bateau qui aura duré plusieurs années, lui donnant sa vocation de marin. «Je disputerai le Vendée Globe jusqu’à ce que je le gagne, dit-il en riant. C’est la course la plus fantastique et la plus dure. Je l’ai déjà courue une fois et j’ai acquis un peu d’expérience, mais je me prépare comme la première fois. Une course ne ressemble jamais à une autre: les conditions météo, les réactions du bateau, les impondérables…». Alan avait frôlé la catastrophe lors de l’édition 2017 et raconte : «Je me suis dit que j’allais peut-être couler, en un lieu où personne ne pouvait me secourir. Alors, tant qu’à faire, je me suis préparé un café». Ensuite, il a plongé dans l’eau glacée pour réparer sa coque.

Une course et… un bébé en juillet

Des sorties quotidiennes en mer, des détails à améliorer, une préparation physique rigoureuse, et puis une course en solitaire, au mois de juillet, qui servira d’ultime test grandeur nature pour tous les candidats 
ou les prétendants au Vendée Globe. «La course s’appelle Vendée-Arctique-Les Sables-d’Olonne, reprend Alan Roura. On part des Sables d’Olonne jusqu’aux Açores, puis en Islande et retour, ce qui fait 3600 milles (plus de 6600 km). C’est comme un grand triangle culminant aux abords du cercle polaire. Ça me permettra de tester vraiment mon bateau en situation de course».
Autre moment fort à venir pour le navigateur genevois et sa femme, Aurelia Mouraud, qui s’occupe de sa communication: la naissance de leur premier enfant prévue… pendant la course d’entraînement, en juillet. «Ça va être dur de ne pas être avec elle pour l’accouchement, mais cela m’incitera aussi à aller plus vite sur l’eau pour rentrer!», conclut le marin genevois avec sa bonne humeur coutumière.

François Valle

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