Le genre est une construction qui n’a rien à voir avec le sexe: telle est le principe de base de la philosophe Judith Butler. Selon elle, le genre s’est affranchi de la détermination biologique, et donc l’identité sexuelle n’est plus assurée de rien; elle vogue selon les identifications du moment. Elle n’est ni stable, ni fixe, ni nécessaire. Le genre est une production sociale, théâtrale, qu’on choisit comme on le fait de ses vêtements tous les matins. Nous n’habitons plus un corps défini, mais nous habitons une multiplicité de corps, mot d’ordre de la vague transgenre que nous essuyons aujourd’hui, passablement consternés d’ailleurs. C’est comme cet ancien syndicaliste qui déclarait haut et fort à la surprise de tous qu’il était une enseignante! Car il suffit de le déclarer pour l’être, c’est un choix qu’il faut énoncer. Ainsi les conceptions changent dans ce que veut dire être femme ou être homme, parce que toujours guettées par le transgenre, le cisgenre, le genderqueer et toutes les nouvelles complexités qu’on ajoute à l’envi. Il est évident que cette glissade d’identités est en accord avec la tendance lourde de notre société, qui fait de la glisse son principal projet. Et la galerie d’excentricités qu’on nous présente pour faire pièce à la détermination sexuelle naturelle fait les beaux jours des amateurs de curiosités.
S’il est normal, à l’adolescence, d’hésiter sur son identité sexuelle, s’il est vrai que certains esprits se sentent étrangers à leur sexualité et s’interrogent sur leurs désirs, s’il est juste que tout être humain mérite le respect parce que chacun est digne, il est d’une incommensurable sottise de surfer sur la vague du gender, car elle nuit à pas mal de monde, y compris et surtout aux enfants qui ont besoin de stabilité pour se construire. De stabilité, pas d’archétypes! Alors que la ridicule guerre des toilettes publiques – pour savoir dans lesquelles enteront les transgenres – fait rage chez les «intellectuels», pourquoi s’arrêter là? Nous allons connaître la vague des transraces et des transespèces. En toute mauvaise foi, ils ont raison puisqu’ils servent la Diversité!

Les quatre vérités de Jean-Marc Vaudiau

 

 

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