Prendre conscience que notre monde est fragile et qu’il faut le protéger est une chose; penser que les Verts vont pouvoir à Berne redresser la barre et sauver la planète en est une autre. C’est la bascule du premier constat sur le second espoir que le peuple vient d’entériner, et qui est problématique.
Car l’idéologie Verte est profondément en désaccord avec notre économie de marché. C’est en fait une idéologie d’extrême gauche, totalitaire en ce sens qu’elle réduit les divers aspects de la réalité à cette seule certitude: c’est l’activité humaine qui détériore le climat. Voire! Donc, il va falloir modifier radicalement le sens de cette activité promue par l’économie de marché, il va falloir réduire cette activité et non seulement son impact sur la nature. Comment? Ce que Marx avait imaginé, changer la structure économique, s’est soldé par une catastrophe, et les Verts (dont les racines plongent dans l’idéal soixante-huitard) en ont pris acte. Mais ils adoptent le langage de l’extrême gauche: «promouvons les LGBT», «libéralisons le cannabis», «prenons où il y a, chez les privilégiés»; ils descendent dans la rue; ils exigent sans cesse plus d’intervention de l’Etat; rêvent d’une Internationale étatique pour piloter l’économie. D’ailleurs Christian Levrat, président du PS suisse, ne s’y est pas trompé au soir des élections fédérales: il a passé sous silence l’énorme recul de son partir pour se réjouir de l’arrivée des Verts, auxquels il délègue l’espoir de bousculer le capitalisme.
L’écologie s’organise autour d’un carcan d’interdictions, car sa conception d’une vie corsetée est étouffante et non dépourvue de contradictions: sus aux moteurs à essence, mais vive la propulsion électrique dont le bilan global n’est pas meilleur; le nucléaire est honni même s’il est pauvre en production de CO2; on ne renoncera pas aux smartphones. Les interdictions efficaces passent par les taxes dissuasives. Si on augmente de 2 francs le litre d’essence, seuls les riches pourront rouler; si on taxe les billets d’avions, 300 francs de plus ne gêneront que la femme de ménage qui entend renter dans son pays pour Noël. Vive la contradiction!

Les quatre vérités de Jean-Marc Vaudiau

 

 

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